La Semaine de prière pour l’unité chrétienne est célébrée dans le monde du 18 au 25 janvier. Ces dates sont aussi recommandées maintenant par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) pour la célébration de cette Semaine au pays.
Instaurée en 1908 à l’initiative du Révérend Paul Wattson, prêtre épiscopalien des États-Unis qui rejoindra plus tard l’Église catholique, cette semaine de prière pour l'unité est célébrée dans le monde entier.
Les fidèles sont invités à prier pour l’unité entre les chrétiens pendant la semaine et tout au long de l’année.
L'oecuménisme exprime la recherche de communion entre Protestants, Anglicans, Orthodoxes et Catholiques.
Dans notre humanité blessée par les divisions, les chrétiens comprennent que plus ils témoigneront ensemble, plus fort sera le message de l'Évangile qu'ils ont mission d'annoncer. Avec le Christ, ceux que tout séparait peuvent trouver un chemin de réconciliation, avec la joie de vivre en frères.
"Bien que l'unité soit surtout un don du Seigneur, il faut aussi l'implorer d'une prière incessante et confiante, en sortant de nous-mêmes et en nous adressant à Dieu. Voilà l'invitation, pour cette semaine, qui est adressée aux croyants chrétiens de toutes les Églises et communautés ecclésiales; répondons-y avec générosité." (Benoît XVI, 21/01/09)
Tous ceux qui confessent le Christ comme Seigneur
devraient s’efforcer d’accomplir sa prière :
« Que tous soient un… afin que le monde croie que tu m’as envoyé. »
(Jn 17, 21).
Prière du Christ pour l'unité
Père très saint,
protège-les par la puissance de ton nom
– le nom que tu m’as donné –
pour qu’ils soient un comme nous sommes un.
Comme tu m’as envoyé dans le monde,
je les ai envoyés dans le monde.
C’est pour eux que je me consacre,
afin qu’ils soient eux aussi consacrés.
Moi en eux et toi en moi.
Puissent-ils parvenir à la pleine unité
afin que le monde sache que tu m’as envoyé
et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
PRIÈRES POUR LES HUIT JOURS
La méditation de la Semaine 2011 est proposée
par un groupe de responsables chrétiens de Jérusalem.
1er Jour : 18 janvier
L'Église de Jérusalem
Je médite la Parole de Dieu
Joël 2, 21-22.28-29 Je répandrai mon Esprit sur toute chair
Psaume 46 Dieu est au milieu de la ville
Actes 2, 1-12 Quand le jour de la Pentecôte arriva
Jean 14, 15-21 C’est lui l’Esprit de vérité
Je réfléchis
La démarche de cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens part de Jérusalem, le jour de la Pentecôte, c’est-à-dire au moment où l’Église entame son propre cheminement.
Le thème de cette semaine est : « Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. » Le « ils » désigne l’Église primitive de Jérusalem, née le jour de la Pentecôte où le Paraclet, l’Esprit de vérité, est descendu sur les premiers croyants, comme cela avait été promis par Dieu à travers le prophète Joël, et par le Seigneur Jésus au soir ayant précédé sa passion et sa mort. Tous ceux qui vivent dans la continuité du jour de la Pentecôte, vivent dans la continuité de l’Église primitive de Jérusalem et de son responsable, saint Jacques. Cette Église est notre Église mère à tous. Elle nous donne l’image ou l’icône de l’unité des chrétiens pour laquelle nous prions cette semaine.
Selon une tradition orientale ancienne, c’est dans la continuité avec la première communauté chrétienne de Jérusalem que la succession ecclésiale se réalise. L’Église de Jérusalem des temps apostoliques est reliée à l’Église céleste de Jérusalem qui, à son tour, devient l’icône de toutes les Églises chrétiennes. En signe de leur continuité avec l’Église de Jérusalem, toutes les Églises doivent conserver les « traits » de la première communauté chrétienne par leur assiduité « à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières ».
L’Église actuelle de Jérusalem vit particulièrement sa continuité avec l’Église apostolique de Jérusalem à travers le coûteux témoignage qu’elle rend à la vérité. Son témoignage rendu à l’Évangile et sa lutte contre les inégalités et les injustices nous rappellent que la prière pour l’unité des chrétiens est inséparable de la prière pour la paix et la justice.
Je prie avec toute l'Église pour l'unité
Dieu tout-puissant et miséricordieux, c’est avec grande puissance que tu as rassemblé les premiers chrétiens de Jérusalem par le don de l’Esprit Saint, défiant ainsi la puissance terrestre de l’Empire romain. Fais que, comme la première Église de Jérusalem, nous puissions nous réunir dans la fierté de prêcher et de vivre la bonne nouvelle de la réconciliation et de la paix, partout où existent des inégalités et des injustices. Nous t’en prions au nom de Jésus Christ qui nous libère des liens du péché et de la mort. Amen.
http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/weeks-prayer-doc/rc_pc_chrstuni_doc_20100526_week-prayer-2011_fr.html
2e Jour : 19 janvier
Beaucoup de membres en un seul corps
Je médite la Parole de Dieu
Isaïe 55, 1-4 Venez vers les eaux
Psaume 85, 8-13 Le salut est à notre portée
1 Corinthiens 12, 12-27 Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit en un seul corps
Jean 15, 1-13 Je suis la vraie vigne
Je réfléchis
L’Église de Jérusalem décrite dans les Actes des Apôtres est le modèle de l’unité que nous recherchons actuellement. Comme telle, elle nous rappelle que la prière pour l’unité des chrétiens ne peut viser l’uniformité, car l’unité s’est caractérisée dès le début par une grande diversité. L’Église de Jérusalem est le modèle ou l’icône de l’unité dans la diversité.
Le récit de la Pentecôte dans le livre des Actes nous dit que, ce jour-là, toutes les langues et cultures de l’ancien monde méditerranéen et d’ailleurs, étaient représentées à Jérusalem, que les gens entendaient l’Évangile dans leurs différentes langues et qu’à travers la prédication de Pierre, ils ont été unis les uns aux autres dans le repentir, le baptême et l’effusion du Saint- Esprit. Saint Paul, pour sa part, écrira plus tard : « Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps – juifs ou grecs, esclaves ou hommes libres – et nous avons tous été abreuvés par un seul Esprit ». Ce n’est pas une communauté uniforme, faite d’esprits semblables, de gens unis par la culture et la langue, qui était assidue à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, mais une communauté d’une grande diversité, dont les différences pouvaient aisément dégénérer en controverses. Ce fut le cas entre les chrétiens d’origine grecque et ceux d’origine juive à propos de la négligence avec laquelle on traitait les veuves grecques, comme le relate saint Luc en Ac 6,1. Et pourtant l’Église de Jérusalem était en elle-même unie, et ne faisait qu’un avec le Seigneur ressuscité qui déclare : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Ceux qui demeurent en moi et en qui je demeure portent beaucoup de fruits ».
Une grande diversité caractérise aujourd’hui encore les Églises à Jérusalem et celles de l’ensemble du monde. À Jérusalem, cette diversité peut facilement dégénérer en controverse, car l’actuel climat politique d’hostilité ne fait que l’accentuer. Mais comme l’Église primitive de Jérusalem, les chrétiens à Jérusalem nous rappellent aujourd’hui que nous constituons les multiples membres d’un même corps, une unité dans la diversité. Des traditions anciennes nous enseignent que la diversité et l’unité existent aussi dans la Jérusalem céleste. Elles nous rappellent que la différence et la diversité ne signifient pas la division et la désunion, et que l’unité des chrétiens pour laquelle nous prions suppose toujours une réelle diversité.
Je prie avec toute l'Église
Dieu dont vient toute vie en sa grande diversité, tu appelles ton Église comme Corps du Christ à être unie dans l’amour. Fais que nous comprenions davantage notre unité dans la diversité, et que nous nous efforcions de travailler ensemble à prêcher et à bâtir le royaume de ton immense amour pour l’humanité, en nous accompagnant les uns les autres partout et en tout lieu. Fais que nous ayons toujours conscience que le Christ est à l’origine de notre vie commune. Nous te le demandons dans l’unité de l’Esprit. Amen.
3e Jour : 20 janvier
L’assiduité à l’enseignement des apôtres nous réunit
Je médite la Parole de Dieu
Isaïe 51, 4-8 Accordez-moi votre attention, vous, mon peuple
Psaume 119, 105-112 Ta parole est une lampe pour mes pas
Romains 1, 15-17 Empressement à annoncer l’évangile
Jean 17, 6-19 J’ai manifesté ton nom
Je réfléchis
L’Église de Jérusalem dans les Actes des Apôtres était unie dans l’assiduité à l’enseignement des apôtres, en dépit de la grande diversité de langues et de cultures entre ses membres. L’enseignement des apôtres consiste à rendre témoignage à la vie, à l’enseignement, au ministère, à la mort et à la résurrection du Seigneur Jésus. Leur enseignement se résume dans ce que saint Paul appelle simplement « l’Évangile ». On trouve un exemple de l’enseignement des apôtres dans la prédication de saint Pierre à Jérusalem, le jour de la Pentecôte. À partir du prophète Joël, il rattache l’Église à l’histoire biblique du peuple de Dieu, en nous reportant au récit qui commence avec la création.
Malgré nos divisions, la Parole de Dieu nous rassemble et nous unit. L’enseignement des apôtres, la bonne nouvelle pour tous en sa plénitude, était au centre de l’unité dans la diversité de la première Église de Jérusalem. Les chrétiens de Jérusalem nous rappellent aujourd’hui que ce n’était pas seulement « l’enseignement des apôtres » qui unissait l’Église primitive, mais son assiduité à cet enseignement. C’est bien cette assiduité que reflète saint Paul lorsqu’il qualifie l’Évangile de « puissance de Dieu pour le salut».
Le prophète Isaïe nous rappelle que l’enseignement de Dieu est inséparable du « jugement, lumière des peuples ». Et le psalmiste prie ainsi : « Ta parole est une lampe pour mes pas, une lumière pour mon sentier. Tes exigences sont à jamais mon patrimoine : elles sont la joie de mon cœur. »
Je prie avec toute l'Église
Dieu de lumière, nous te rendons grâce d’avoir révélé ta vérité en Jésus Christ, ta Parole de Vie, que nous avons reçue à travers l’enseignement des apôtres, transmis tout d’abord à Jérusalem. Que ton Esprit Saint continue de nous sanctifier dans la vérité de ton Fils, afin que par notre unité en Lui nous grandissions dans l’assiduité à ta Parole et servions ensemble ton Royaume dans l’humilité et l’amour. Nous te le demandons au nom de Jésus Christ. Amen.
4e Jour : 21 janvier
Le partage, expression de notre unité
Je médite la Parole de Dieu
Isaïe 58, 6-10 N’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé ?
Psaume 37, 1-11 Compte sur le Seigneur et agis bien
Actes 4, 32-37 Ils mettaient tout en commun
Matthieu 6, 25-34 Cherchez d’abord le Royaume de Dieu
Je réfléchis
La continuité avec l’Église apostolique de Jérusalem se manifeste dans « l’assiduité à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. » L’Église actuelle de Jérusalem nous rappelle, toutefois, les conséquences pratiques d’une telle assiduité : le partage. Les Actes des Apôtres affirment simplement que « tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacun » (Ac 2, 44-45). La lecture que nous faisons aujourd’hui du livre des Actes rattache ce partage radical au « témoignage rendu par les apôtres à la résurrection du Seigneur Jésus, et une grande grâce était à l’œuvre chez eux tous. » Par la suite, les persécuteurs de l’Église, dans l’Empire romain, remarqueront avec une perspicacité certaine : « Voyez comme ils s’aiment »
La vie des chrétiens de la Jérusalem actuelle se caractérise par un partage similaire des ressources. C’est un signe de leur continuité avec les premiers chrétiens ; c’est aussi un signe et un défi pour toutes les Églises. Il relie la proclamation de l’Évangile, la célébration de l’Eucharistie et la communion fraternelle de la communauté chrétienne à une égalité et à une justice radicales à l’égard de tous. Au point que ce partage devient un témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus et un signe de continuité avec l’Église apostolique de Jérusalem ; c’est aussi un signe de notre unité les uns avec les autres.
Le partage peut prendre bien des formes. Il y a le partage radical de l’Église apostolique où nul n’est laissé dans l’indigence. Il y a le partage du fardeau, des luttes, des peines et des souffrances les uns des autres. Il y a le partage des joies et des succès, des bénédictions et des guérisons. Il y a aussi le partage des dons et des compréhensions d’une tradition vis-à-vis d’une autre malgré notre situation de séparation, et donc un certain «échange œcuménique des dons ». Ce généreux partage est une conséquence pratique de notre assiduité à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle ; il résulte de notre prière pour l’unité des chrétiens.
Je prie avec toute l'Église
Dieu de justice, tes dons sont sans limites. Nous te remercions de nous avoir donné le nécessaire afin que tous puissent se nourrir, se vêtir et se loger. Préserve-nous du péché d’égoïsme qui porte à amasser, et incite-nous à être les instruments de ton amour, en partageant ce que tu nous as donné afin d’être ainsi les témoins de ta générosité et de ta justice. Puisque nous sommes disciples du Christ, fais-nous agir ensemble là où sont les besoins : où des familles sont expulsées de chez elles, où les faibles souffrent des mains des puissants, où la pauvreté et le chômage anéantissent des vies. Nous te le demandons au nom de Jésus, dans l’unité du Saint-Esprit. Amen.
5e Jour : 22 janvier
La fraction du pain dans l’espérance
Je médite la Parole de Dieu
Exode 16, 13b-21a C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger
Psaume 116, 12-14.16-18 Je lèverai la coupe de la victoire
1 Corinthiens 11,17-18.23-26 Faites cela en mémoire de moi
Jean 6,53-58 Tel est le pain qui est descendu du ciel
Je réfléchis
Depuis la première Église à Jérusalem jusqu’à maintenant, la « fraction du pain » a toujours été un acte central pour les chrétiens. Pour ceux de la Jérusalem actuelle, le partage du pain est traditionnellement symbole d’amitié, de pardon et d’engagement vis-à-vis d’autrui. Cette fraction du pain nous met au défi de rechercher une unité qui puisse exprimer quelque chose de prophétique dans un monde de divisions. C’est bien ce monde-là qui, de manières diverses, nous a tous façonnés. Dans la fraction du pain, les chrétiens sont recréés pour le message prophétique d’espérance destiné à toute l’humanité.
Aujourd’hui, nous rompons nous aussi le pain « avec un cœur large et généreux » ; mais chaque célébration de l’Eucharistie nous rappelle également le douloureux souvenir de notre désunion. En ce cinquième jour de la Semaine de prière, les chrétiens de Jérusalem se réunissent dans la Chambre haute, lieu du dernier Repas. Et là, sans célébrer l’Eucharistie, ils rompent le pain dans l’espérance.
Nous apprenons cette espérance dans les manières dont Dieu nous rejoint à travers le désert de nos propres insatisfactions. L’Exode nous relate comment Dieu répond aux murmures du peuple qu’il a libéré : en lui fournissant ce dont il a besoin – ni plus, ni moins. La manne du désert est un don de Dieu qu’on ne peut jamais ni garder en réserve, ni comprendre pleinement. Elle est, comme le célèbre notre psaume, un moment qui appelle simplement à l’action de grâce – car Dieu « a dénoué nos liens ».
Saint Paul reconnaît que rompre le pain ne signifie pas seulement célébrer l’Eucharistie, mais être un peuple eucharistique – devenir le Corps du Christ dans le monde. Dans ce contexte, cette brève lecture (1 Co 10-11) rappelle comment la communauté chrétienne doit s’efforcer de vivre : dans une communion au Christ qui détermine une conduite droite en un contexte mondial difficile et en se guidant sur la réalité d’une vie en Lui. Nous vivons « en mémoire de lui ».
Parce que nous sommes un peuple de la fraction du pain, nous sommes un peuple de vie éternelle – de vie en plénitude – comme nous l’enseigne la lecture de saint Jean. Notre célébration de l’Eucharistie nous incite à réfléchir à la manière dont s’exprime jour après jour l’abondance de ce don de vie, que nous soyons dans l’espérance ou dans les difficultés. En dépit des défis quotidiens que connaissent les chrétiens de Jérusalem, ils témoignent qu’il est possible de se réjouir et d’espérer.
Je prie avec toute l'Église
Dieu d’espérance, nous te louons pour le don que tu nous à fait dans le repas du Seigneur où, dans l’Esprit Saint, nous continuons de rencontrer ton Fils Jésus-Christ, lui le pain vivant descendu du ciel. Pardonne notre infidélité à ce grand don – notre vie de clans, notre complicité avec les inégalités, notre complaisance dans la séparation. Seigneur, nous te prions de hâter le jour où ton Église tout entière sera réunie pour la fraction du pain et, dans l’attente de ce jour, fais que nous apprenions davantage à être un peuple façonné par l’Eucharistie pour le service du monde. Nous te le demandons au nom de Jésus. Amen.
6e Jour : 23 janvier
Fortifiés pour agir, dans la prière
Je médite la Parole de Dieu
Jonas 2, 1-9 Au Seigneur appartient le salut !
Psaume 67, 1-7 Que les peuples te rendent grâce, Dieu !
1 Timothée 2, 1-8 Que l’on fasse des prières pour tous les hommes, pour les rois et tous ceux qui détiennent l’autorité…
Matthieu 6, 5-15 Que ton règne, que ta volonté soit faite…
Je réfléchis
Après l’assiduité à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle et à la fraction du pain, le quatrième trait marquant de l’Église primitive de Jérusalem est la vie de prière. Les chrétiens de Jérusalem et d’ailleurs font aujourd’hui l’expérience que c’est dans cette prière qu’ils trouvent la puissance et la force dont ils ont besoin. Par leur témoignage, les chrétiens de Jérusalem nous appellent aujourd’hui à prendre mieux conscience de la manière dont nous nous situons par rapport aux situations d’injustice et d’inégalité, là où nous sommes. En tout cela, c’est la prière qui donne aux chrétiens la force d’exercer la mission commune.
Chez Jonas, c’est l’intensité de la prière qui permet la fantastique délivrance du ventre du poisson. Sa prière est sincère car elle s’élève alors qu’il se repent d’avoir cherché à éviter la volonté de Dieu : il s’est détourné de l’appel du Seigneur à prophétiser, et a abouti dans un lieu sans espoir. Et c’est là que Dieu va exaucer sa prière en le délivrant pour lui permettre sa mission.
Le psaume nous appelle à prier pour que la face de Dieu brille sur nous – non seulement à notre propre profit, mais pour que sa loi soit connue « parmi toutes les nations ».
L’Église apostolique nous rappelle que la prière fait partie de la force et de l’aptitude à la mission et à la prophétie pour le monde. La lettre de Paul à Timothée nous enseigne ici à prier particulièrement pour ceux qui détiennent l’autorité dans le monde afin que nous menions ensemble une vie calme et paisible. Nous prions pour l’unité de nos sociétés et de nos pays, et pour l’unité de toute l’humanité en Dieu. Notre prière pour l’unité dans le Christ s’étend au monde entier.
Le dynamisme de cette vie de prière s’enracine dans l’enseignement du Seigneur à ses disciples. Dans notre lecture de l’évangile selon saint Matthieu, nous entendons parler de la prière comme d’une force « secrète » qui ne résulte ni de l’ostentation ni du spectacle, mais de l’humble mise en présence du Seigneur. L’enseignement de Jésus se résume dans le Notre Père. En le disant ensemble, nous sommes constitués en un peuple uni qui cherche la volonté du Père et l’édification de son Royaume ici même sur la terre, et nous sommes appelés à une vie de pardon et de réconciliation.
Je prie avec toute l'Église
Dieu notre Père, nous nous réjouissons qu’en tout temps, tout lieu et toute culture, des gens se tournent vers toi pour prier. Nous te rendons grâce surtout pour l’exemple et l’enseignement de ton Fils, Jésus Christ, qui nous a appris à persévérer dans la prière pour que ton règne vienne. Enseigne-nous à mieux prier entre chrétiens rassemblés, afin que nous ayons toujours conscience que tu nous guides et nous encourages à travers toutes nos joies et nos peines, dans la puissance de l’Esprit Saint. Amen.
7e Jour : 24 janvier
Vivre dans la foi en la résurrection
Je médite la Parole de Dieu
Isaïe 60, 1-3.18-22 Tu appelleras tes murailles « Salut » et tes portes « Louange »
Psaume 118, 1.5-7 Non, je ne mourrai pas, je vivrai
Romains 6, 3-11 Par le baptême, en sa mort, nous avons été ensevelis avec le Christ, afin que… nous menions nous aussi une vie nouvelle
Matthieu 28, 1-10 Jésus leur dit : « Soyez sans crainte… »
Je réfléchis
L’assiduité des premiers chrétiens à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières a surtout été rendue possible dans la puissance de vie de Jésus ressuscité. Cette puissance demeure à l’œuvre, comme en témoignent les chrétiens de la Jérusalem actuelle. En dépit des difficultés de la situation où ils se trouvent – et quel qu’en soit la possible ressemblance avec Gethsémani et le Golgotha – ils savent dans la foi que tout est renouvelé dans la vérité de la résurrection de Jésus d’entre les morts.
La lumière et l’espérance de la résurrection transforment tout. Comme l’annonce Isaïe, l’obscurité se change en lumière ; tous les peuples en sont illuminés. La puissance de la résurrection rayonne depuis Jérusalem, lieu de la Passion du Seigneur, et attire toutes les nations vers sa clarté. C’est une vie nouvelle, où la violence est écartée et où l’on trouve sécurité dans le salut et la louange.
Dans le psaume, nous trouvons les mots pour célébrer l’expérience centrale du christianisme : le passage de la mort à la vie. C’est le signe permanent de l’amour inébranlable de Dieu. Ce passage des terreurs de la mort à la vie nouvelle est ce qui définit tous les chrétiens. Car, comme l’enseigne saint Paul, par le baptême, nous avons été mis au tombeau avec le Christ et nous sommes ressuscités avec Lui. Nous sommes morts avec le Christ, et nous vivons pour partager sa vie de ressuscité. Nous pouvons donc voir le monde autrement – avec compassion, patience, amour et espérance – car, dans le Christ, les difficultés du moment ne peuvent jamais être le fin mot de l’histoire. Malgré nos divisions, nous autres chrétiens savons que le baptême qui nous rassemble nous permet de porter la croix dans la lumière de la résurrection.
Selon l’Évangile, cette vie de ressuscité n’est pas un simple concept ou une idée encourageante ; elle s’enracine dans un événement vivant du temps et de l’espace. C’est l’événement que nous relate la lecture de l’Évangile de façon très humaine et expressive. De Jérusalem, le Seigneur ressuscité salue ses disciples de tous les temps, nous appelant tous à le suivre sans crainte. Il marche à notre tête.
Je prie avec toute l'Église
Dieu qui protèges la veuve, l’orphelin et l’étranger – dans un monde où beaucoup connaissent le désespoir, tu as ressuscité ton Fils Jésus pour apporter l’espérance à l’humanité et le renouveau à la terre. Continue de fortifier et d’unifier ton Église dans ses luttes contre les forces de la mort dans un monde où la violence envers la création et l’humanité obscurcissent l’espérance dans la vie nouvelle que tu proposes. Nous te le demandons au nom du Christ ressuscité, dans la puissance de son Esprit. Amen.
8e Jour : 25 janvier
Appelés au service de la réconciliation
Je médite la Parole de Dieu
Genèse 33,1-4 Esaü courut à la rencontre de Jacob et l’embrassa ; ils pleurèrent
Psaume 96,1-13 Dites parmi les nations : « le Seigneur est roi »
2 Corinthiens 5, 17-21 Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation
Matthieu 5,21-26 Laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère…
Je réfléchis
Nos prières de cette semaine nous ont amenés à faire une démarche commune. Guidés par les Écritures, nous avons été appelés à revenir à nos origines chrétiennes – celles de l’Église apostolique de Jérusalem. Nous avons vu son assiduité - à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. Au terme de nos réflexions sur la communauté chrétienne idéale présentée en Ac 2,42, nous en revenons aux contextes qui sont les nôtres : réalités de divisions, d’insatisfactions, de déceptions et d’injustices. Et là, l’Église de Jérusalem nous pose la question suivante: à quoi sommes-nous appelés, ici et maintenant, alors que nous achevons cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens?
Les chrétiens de la Jérusalem d’aujourd’hui nous suggèrent une réponse : nous sommes surtout appelés au service de la réconciliation. Un tel appel concerne la réconciliation sur bien des plans, et dans toute une complexité de divisions. Nous prions pour l’unité des chrétiens afin que l’Église soit signe et instrument de la guérison des divisions et des injustices politiques et structurelles ; pour une coexistence juste et pacifique entre juifs, chrétiens et musulmans ; pour que grandisse la compréhension entre les personnes de toutes croyances et les incroyants. Dans nos vies personnelles et familiales, l’appel à la réconciliation doit aussi trouver une réponse.
Jacob et Esaü, dans le texte de la Genèse, sont frères et cependant étrangers l’un à l’autre. Leur réconciliation intervient alors que l’on aurait pu s’attendre à un conflit. La violence et les habitudes de colère sont mises de côté alors que les frères se rencontrent et pleurent ensemble.
La reconnaissance devant Dieu de notre unité comme chrétiens – et bien sûr comme êtres humains – nous conduit au grand chant de louange du psaume envers le Seigneur qui gouverne le monde avec justice et amour. Dans le Christ, Dieu cherche à se réconcilier tous les peuples. Saint Paul, qui décrit cela dans notre deuxième lecture, célèbre cette vie de réconciliation comme « une création nouvelle ». L’appel à se réconcilier est un appel à laisser agir en nous la puissance de Dieu pour faire toutes choses nouvelles.
Encore une fois, nous savons que cette « bonne nouvelle » nous invite à modifier notre manière de vivre. Comme saint Matthieu le relate, Jésus nous y exhorte résolument : nous ne pouvons continuer à présenter nos offrandes à l’autel tout en sachant que nous sommes responsables des divisions et des injustices. L’appel à la prière pour l’unité des chrétiens est un appel à la réconciliation. L’appel à la réconciliation est un appel à agir – même s’il faut pour cela interrompre nos activités ecclésiales.
Je prie avec toute l'Église
Dieu de paix, nous te rendons grâce de nous avoir envoyé ton fils Jésus pour nous réconcilier en Lui avec toi. Fais-nous la grâce d’être de vrais serviteurs de la réconciliation dans nos Églises. Aide-nous ainsi à nous mettre au service de la réconciliation de tous les peuples, en particulier en ta Terre sainte – le lieu où tu veux abattre le mur de séparation entre les peuples, et réunir chacun dans le Corps du Christ, offert en sacrifice au Calvaire. Remplis-nous d’amour les uns pour les autres, que notre unité serve à la réconciliation que tu désires pour toute la création. Nous te le demandons dans la puissance de l’Esprit. Amen.
"Seigneur, fais de moi un instrument de ta Paix"
Fais de moi un instrument de ta paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Et là où il y a le doute, que je mette la foi.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant
À être consolé qu’à consoler,
À être compris qu’à comprendre,
À être aimé qu’à aimer.
Fais de moi un instrument de ta paix.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière.
Et là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Fais de moi un instrument de ta paix.
Car c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
C’est en donnant qu’on reçoit
Et c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.
(Prière attribuée à Saint François)